Une soirée de plus en contact avec des lecteurs et/ou des passionnés de livres venus de Visan, mais aussi d'Orange, de Mazan, de Ste Cécile et d'autres villages du Vaucluse et des départements limitrophes. C'était hier soir à l'Espace Anvis de la cave des Coteaux De Visan qui, en la personne de Christiane Théodosiou, nous avait invité ce 15 octobre à présenter un auteur. Comme annoncé au programme, la soirée était très riche en éveil des sens.
Echanges autour des deux romans de Dominique Lin chez Elan Sud pendant que Marianne Bonzom-Chollet, artiste peintre, s'inspirait des mots pour réaliser un tableau.
Tirer le parallèle entre deux univers aussi éloignés en apparence que le sont Santiago de Cuba et les Cévennes (Toca Leòn! et La Grande Borie), la musique des tambours cubains et des sonnailles des moutons en transhumance n'était pas évident de prime abord : deux romans, pas si lointains, où rythme et poésie voisinent avec l'évasion de la lecture. C'est le style de l'auteur, son approche des athmosphères, des situations, des relations humaines, mais aussi de la remise en question dans lesquelles il laisse assez de place pour l'imagination du lecteur.
"J'essaie que mon écriture soit comme une fenêtre ouverte, tout en mettant un peu de tain sur les vitres pour qu'elles servent de miroir" dit l'auteur lorsqu'on lui demande son intention.
Le voile a été levé quelque peu sur le prochain roman de Dominique Lin.
Léon, semble-t-il, sera encore de l'histoire. Un autre personnage, dans un autre lieu, cette fois-ci non identifié, une ville de Province.
"Renaître de tes cendres", à paraître dans la collection Regards.
"L'écrivain est le témoin de son siècle. il transmet, à travers ses fictions, une sorte de chronique, en lui apportant son regard, sa traduction personnelle. Plutôt que de crier dans la rue pour ne pas être entendu, je préfère murmurer à l'oreille de mes lecteurs, dans ce moment privilégié où il s'isole du monde pour mieux se livrer à sa lecture."
Un échange avec le public, lecture, questionnement sur le procésus éditorial, quelques idées réçues sont tombées sur le travail de l'auteur et celui de l'éditeur.
Vint le moment des questions individuelles, celles que l'on n'a pas osé poser en public ou qu'on réserve à cet instant privé et les dédicaces pour soi-même ou un ami.
Marianne Bonzom-Chollet acheva son tableau (un sous-bois de châtaigners en automne) qu'elle présenta au public avant de l'offrir à la présidente de l'association A2iPro* (Association d'Aide Internationale aux Patients et de Recherche Orthopédique). L'association le vendra aux enchères dans quelques temps.
Après les oreilles, l'esprit et les yeux, Anne-Marieke Kroes nous éveilla le palais en nous initiant à ses élaborations gastronomiques à base de lait de chèvre. Surpenant de marier le fromage, les poireaux et la menthe. Mais ce petit délice, marié à La Garde des Lions, blanc, Côtes du Rhône Visan 2009 était d'une fraîcheur en bouche… un délice. Chaque spécialité, avec de la pomme de terre, de poivrons ou d'autres légumes, agrémentée d'épices ou d'herbes avait trouvé sa cuvée. Il fallut tout goûter, tout déguster, tout apprécier… sous la direction gastronomique de Christiane Théodosiou.
On ne prend pas de photo les mains pleines, c'est impoli, c'est ce que m'a appris ma mère, donc, je n'en aurai pas à vous offrir, si ce n'est celles qui m'ont été envoyées, prises pendant les échanges littéraires.
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Un grand merci à tous pour cette soirée, prolongée en conversations à bâtons rompus autour de la dégustation des fromages de chèvre et de la production des vignerons de Visan.
A2iProvv : L’assistance aux patients et à leur familles. Elle entend faciliter le choix d’un projet thérapeutique et éducatif ainsi que l’accès aux soins aux victimes d’un grave trouble de croissance, congénital ou tôt acquis. sans négliger pour autant les problèmes de prévention et de dépistage




Depuis sa sortie au printemps 2009, La grande borie a séduit et élargi le lectorat de Dominique LIN, même si ce 2e roman est très éloigné Toca Leòn! qui nous avait fait voyager à Santiago de Cuba.
Invité par l’Alliance française de Santiago de Cuba à présenter mon premier roman « Toca Leòn! », il ne m’a pas fallu longtemps pour dire oui, ceux qui me connaissent comprendront pourquoi. Il s’agissait de partager une conversation avec des élèves cubains, enfin, c’est ce que je pensais au premier abord. Mais, en arrivant dans cette grande bâtisse consacrée à l’étude de la langue française par ses cours et sa bibliothèque, une toute autre expérience m’attendait.
Aujourd’hui silencieuse et studieuse, je l’avais connue bien différente, cette maison, envahie par le son des instruments de musique : tambours, cuivres, piano, cloches, claves, timbales… mais aussi les chants, les pas de danse, dans la chaleur humide du mois de juillet 2001.
« Aujourd’hui, une boucle s’achève, car c’est ici qu’est né ce roman. À cette époque, je n’avais aucune idée que cette histoire allait voir le jour, et pourtant, me voici, presque dix ans plus tard, dans cette même salle. Il y avait là un tableau où Gali écrivait la clave ainsi que le positionnement de chaque tambour bata… C’est là que mes premières expériences fortes avec les tambours ont vraiment commencé. C’est là que j’ai senti vibrer dans mon ventre la musique sacrée. Il semble naturel aujourd’hui que je me retrouve ici, en pèlerinage inattendu. »
Dans la rue déserte, les murs transpirent encore la chaleur du jour. Des courants d’air fugitifs s’infiltrent dans la moiteur, prémices du répit nocturne. Les maisons grandes ouvertes offrent leur quotidien modeste. Sur une terrasse, pendue par un fil, une ampoule nue, séductrice de mille petites ailes diaphanes, accorde son halo aux joueurs de dominos. Ils délaissent leur jeu un instant pour suivre les passants.
Les courants d’air transportent des mélodies de trompette aux accents de « son », musique traditionnelle de Santiago, accompagnées d’odeurs métissées inconnues, mélange de ces murs, de ces terrasses, de cette ville aux contours engloutis dans le noir profond de la nuit. Doucement, les mille détails de la journée s’évanouissent pour ne laisser place qu’au silence des deux voyageurs.
Léon sent une boule grossir dans son ventre. Faire le beau avec les copains, c’est facile, mais l’idée de rencontrer Galoo le met mal à l’aise, comme avant un examen. Le peu qu’il a entendu de Galoo, c’est qu’il est un Maître en percussions, mais aussi en religion. Léon affiche un sourire détendu à qui veut bien y croire, mais dedans, il n’ose pas réfléchir à ce qui va se passer.
Les élèves et les professeurs attentifs manifestèrent leur enthousiasme :
Il va sans dire que j’ai offert un exemplaire dédicacé de « Toca Leòn! » à la bibliothèque et me suis engagé à leur envoyer La grande Borie. J’en profite pour inviter tous ceux qui le souhaientent à leur envoyer des livres :

L'auteur :


Toca Leòn !